Elections au conseil exécutif : déclaration de candidature

Ce soir, le conseil territorial a décidé de procéder au remplacement de Patrick Kawamura, démissionnaire depuis avril 2010, soit il y a 9 mois.

Conformément à la loi organique, soit le candidat présenté par la majorité était le seul candidat, soit un autre candidat se déclarait intéressé, auquel cas on devait procéder au renouvellement
de tout le conseil exécutif. Je me suis donc porté candidat, et nous avons procédé à la réélection de tout le conseil exécutif.

Voici les raisons qui ont conduit à ma candidature, que j’ai exprimées tant pour les élus que pour la population.

J’aimerais être conseiller exécutif.

Ca vous le savez. Plusieurs raisons à cela :

1 / Porter un projet

J’ai été candidat en 2007 sur un projet au service de l’intérêt général. On m’a élu pour le porter, pas pour me taire. J’entends donc saisir l’opportunité de représenter ce projet au sein du
Conseil Exécutif, notamment sur les questions d’environnement, économiques et sociales. Ce sont ces centres d’intérêt qui ont aussi guidé mes choix pour la participation aux commissions.

2 / Etre au plus près des décisions

C’est au Conseil Exécutif que se prennent toutes les décisions, ou presque. C’est donc là qu’il faut être pour peser réellement sur les décisions.

Cela est d’autant plus vrai que dans le fonctionnement actuel de la collectivité, l’information ne descend pas jusqu’aux simples conseillers territoriaux et reste bloquée au niveau du conseil
exécutif, que les commissions travaillent très peu, et que quand elles travaillent elles ne sont pas écoutées.
Etre élu au conseil exécutif me permettrait donc d’avoir un accès aux dossiers, en amont et plus en profondeur, et donc d’avoir une action plus efficace.

Concernant le fonctionnement des commissions, je prends l’exemple de la commission transports, qui, à ma demande, a été mandatée par le conseil territorial pour examiner la question des poids
lourds et sortir de la situation de crise. La commission – composée de 4 élus, dont le sénateur, des chefs de services concernés, de socioprofessionnels – s’est réuni 7 fois, pendant 30 heures de
réunion. Tout cela pour qu’au final le président décide, seul, de ne pas appliquer le texte, ni même de le présenter au Conseil Exécutif.

3 / Etendre le débat.

En tant qu’élu, j’exprime souvent mon opinion, que ce soit en commission ou en conseil territorial. Etre au Conseil Exécutif me donnerait l’opportunité d’apporter maintenant plus de débat au sein
du conseil exécutif, de le dynamiser.

Maintenant c’est bien beau de vouloir être candidat s’il y a élection, mais quels sont les moyens d’être élu au conseil exécutif ? Pour moi qui ne suis pas sur la liste majoritaire, et ne dispose
que de ma propre voix, cela semble difficile.

Il y a deux solutions, deux voies possibles :

La première voie, qui est d’ailleurs une impasse plus qu’une voie, c’est de négocier au préalable avec l’équipe majoritaire pour être présent sur sa liste. Le problème est qu’on perd toute
indépendance.
C’est le choix qu’a fait Maxime Desouches en 2007. Comme on pouvait le prévoir, ce choix l’a conduit à une opposition de posture, à un consensus mou.
L’expérience montre que sa candidature n’a servi à rien.

L’autre option, est de me présenter seul. En me disant que certains élus sauront reconnaitre la qualité de mon travail, ou se diront qu’avoir un peu de diversité d’opinion au sein du conseil
exécutif serait une bonne chose.
C’est cette voie, plus audacieuse et plus risquée, que j’ai choisie en 2007.
Je la choisirai de nouveau ce soir s’il y a élection.


Je finis mon raisonnement par l’opportunité ou non de déclencher la réélection de tout le conseil exécutif, en me présentant candidat. C’est d’ailleurs l’un des seuls choix sur lequel j’ai la
main.

J’ai été un moment tenté de laisser passer mon tour, de vous laisser, l’ensemble du Conseil Exécutif actuel, continuer comme vous le faites, tranquillement, jusqu’à la fin prochaine de votre
mandat, et de vous donner rendez-vous en 2012. Ce serait l’option la plus confortable.

Cependant, si je me suis engagé en politique, vous commencez à me connaître, ce n’est pas pour rester confortablement assis dans mon fauteuil, c’est pour m’engager à 100%.

La chance sourit aux audacieux dit-on, je saisis la chance ce soir de pouvoir m’engager davantage. Je suis candidat. Et comme cela, vous pourrez découvrir Monsieur le Président, en référence à
vos propos dans le dernier journal de Saint-Barth, qu’il existe déjà un projet alternatif, et qu’il peut s’exprimer sans avoir à attendre 2012.