Pour un OUI ecologiste

Le scrutin de samedi prochain est primordial pour la France, mais également pour nous, habitants des DOM-TOM, où il peut devenir un moment historique.

Sur les arguments en faveur du Oui, on a suffisamment rappelé que les départements Antillais ont bénéficié et bénéficieront encore des politiques de l’Europe en faveur des régions les moins favorisées économiquement : grâce à l’Europe, les mécanismes de soutien aux filières de la canne et de la banane permettent le maintien de ces activités traditionnelles, et les participations de l’Europe aux investissements dans les infrastructures sont loin d’être négligeables. Cela témoigne aussi de l’intérêt de l’Europe à notre égard et à l’égard des régions ultra périphériques en général.

Deux autres points sont essentiels à mes yeux en faveur du Oui.

Le premier est que cette constitution conforte la place juridique et politique accordée à l’environnement. Le développement durable et la préservation de l’environnement font désormais partie des objectifs de l’Union et de ses politiques. Adopter la constitution, c’est ainsi choisir un modèle de développement plus respectueux de notre environnement et de celui de nos enfants.

Le développement durable constituera demain, encore plus qu’aujourd’hui, le pilier de nos activités aux Antilles : agriculture, éco-tourisme, activités tertiaires, énergie…
Or, jusqu’à aujourd’hui les avancées qui ont été faites sur le plan de la préservation de l’environnement ne l’auraient pas été sans l’Europe : mise aux normes des stations d’épuration, politiques de valorisation des déchets ménagers, protection des milieux naturels remarquables, soutien aux énergies renouvelables… La France, derrière de beaux discours, est plutôt mauvaise élève de l’Europe en la matière.
Ainsi, si demain les Antillais souhaitent conserver un environnement de qualité et le valoriser, il est indispensable de bénéficier du soutien de l’Europe, en tant qu’aiguillon de la France pour qu’elle mène une vraie politique environnementale.

Le second point consiste à se dire que nous sommes face à un moment historique : nous choisissons samedi les institutions dont nous voulons pour les quelques prochaines décennies, c’est-à-dire ni plus ni moins que le monde que nous voulons pour nos enfants.

Le fait que nous sommes face à un vote historique change nos attitudes par rapport au vote :

choisissons après mûre réflexion et non de manière impulsive.
La place accordée à ce référendum et les débats qui y ont trait montrent bien que les français prennent à cœur la question qui leur est posée. Et c’est très positif. Un vote impulsif, par exemple un vote sanction envers la politique actuelle du gouvernement, serait de peu d’effet. Pour cela, mieux vaut attendre 2007. Oui, un changement de politique intérieure s’impose. Non, il ne peut se faire au détriment de notre intérêt collectif et du long terme.

dépassons les craintes que suscitent, à tort ou à raison, l’Europe.
Ces craintes sont le plus souvent liées à notre propre méconnaissance de son fonctionnement, à l’éloignement de Bruxelles, mais elles sont aussi exacerbées par nos responsables politiques nationaux. Il ne faut donc pas craindre de ce projet qu’il nous éloigne de l’Europe, au contraire : il renforce très nettement l’aspect démocratique des institutions européennes (1 président élu, des pouvoirs accrus pour le Parlement et un pouvoir de pétition pour le citoyen) et les politiques proposées en partie III, même si du coup elles acquièrent une valeur juridique plus forte, sont les mêmes que celles déclinées dans les traités précédents. Que l’on juge les politiques proposées trop libérales ou pas assez sociales, voter non ne changera rien : les politiques de l’Europe existent déjà. C’est au contraire courir le risque que la nouvelle version qui sera proposée dans plusieurs années soit davantage libérale.

votons en fonction de ce que nous pensons être le mieux pour les plus jeunes.
Parce que nous allons prendre une décision importante pour notre avenir et le leur, j’espère que les plus jeunes d’entre nous, qui pour certains voteront pour la première fois, seront nombreux à se rendre aux urnes samedi, et que les autres iront aussi, en pensant à eux.

Pour toutes ces raisons, il est très important que samedi, nous les Antillais nous déplacions massivement. Faisons en sorte que les taux observés habituellement soient des taux de participation et non d’abstention !
Si il est une partie de la France qui doit montrer son attachement à l’Europe, qui a intérêt à ce que la France ait une place importante dans cette Europe pour mieux la représenter, ce sont bien les Antilles. Je rêve que samedi nous votions nombreux, que nous votions Oui, que grâce à nous le scrutin bascule, et que la France conserve au sein de l’Europe la place politique qu’elle mérite.

Benoit Chauvin – resp. Antilles de Cap21.